Bona et ses hameaux

Les anciens fiefs

Tout d'abord, un bref historique de Bona et ses hameaux actuels qui ne correspondent pas forcément aux fiefs de l'Ancien Régime. Puis, nous détaillerons l'histoire et le rôle des différents hameaux de Bona, tels qu'on les connaît aujourd'hui.

De Bonacium en 1049 à Bona en 1653, le nom de notre commune a subi des transformations: Boonay (1226), Bonnayum (1287), Bonay (1393), Bosnay (1417), Bona es Admoignes (1481), Bonna (1645). Mais l'origine de ce nom reste encore inconnue : s'agit-il de Belnadum, nom du dieu gaulois Belenos, de Bodonacum (homme germanique) ou bien encore de Bodonius (gaulois) ? Nul ne le sait mais chacun peut lui attribuer l'origine de son choix!

Le bourg de Bona est essentiellement occupé par les deux anciens fiefs: le fief seigneurial, propriété  depuis 1371 de la famille de Chevenon, puis Girard qui fut acquis en 1666 par Charles de LAS, seigneur de Valotte; le fief ecclésiastique qui relevait du prieuré de St Etienne de Nevers depuis 1088. Il est fort probable qu'ils soient passés tous deux sous la mouvance de Lichy à la fin du XVIIè siècle. Pour plus de précisions, cliquez ici :

Fiefs de BonaFiefs de Bona (123.67 Ko)

LICHY

Villa Lucioaco en 859, Luchiacum en 1120, Lischy en 1540, Lichy, le nom actuel, à partir de 1669

Au XVè siécle, la seigneurie de Lichy était vassale de la seigneurie des Bordes. En 1988, le dernier héritier de la famille de Lichy a vendu le château à M. de Luppé. Celui-ci l'a revendu en 1998 au propriétaire actuel, M. Vincent.

Du château du XIVè siècle qui fut endommagé pendant les guerres de religion, il ne reste que la grosse tour tansformée en colombier au XVIIè siècle. La famille perdit alors ses titres et les réclama au roi Henri IV qui délivra aussitôt des lettres patentes et y traça, dit-on, de sa main:«LICHY DE LICHY, aussi noble qu'Henry».

Le château actuel, édifié au début du XVIIè siècle après cette restitution du titre, comporte un corps central rectangulaire flanqué à chaque angle de tours rondes surmontées de toits coniques en ardoise. A l'angle NO de l'ancienne enceinte s'élève une petite tour ronde. Seigneurie de LichySeigneurie de Lichy (76.92 Ko)

 

 Lichy chateau2

 

 

Marancy

 

Marencie en 1315, Marency en 1393, Marancy en 1417, Marenssy en 1598, Morancy en 1638, Marancy en 1720.

Les fiefs de Giverdy, Marancy, Agland et Charry appartiennent au XVIè siècle aux familles du Verne. En 1720, eut lieu l'inventaire de la maison-forte de Françoise Challe, veuve du Verne, seigneur de Marancy, chez maître Gabriel Jean-Baptiste Coquille, notaire à St Saulge. Le domaine a été longtemps mis sous fermage. La ferme a longtemps été la propriété du marquis Milliet de Faverges, du château de Sury, à Saint-Jean-aux-Amognes, puis de sa fille, la comtesse de Feuilhade de Chauvin qui l'a vendue en 1997.

 

 

Marancy

 

 

Agland

Aglan en 1425, Auillan en 1513, Aglan en 1650.

Agland appartenait à la famille du Verne. En 1685, Gabrielle de Girard, fille de Paul Girard, seigneur de Chérault et d'Azy épouse en secondes noces Paul du Verne, écuyer et seigneur d'Agland. (Histoire de St Benin d'Azy, Drouillet)

En 1715, Agland, Marancy et Bona en partie appartiennent à François du Verne. En 1719, la croix d'Agland est bénie par le curé Charlot, on l'appelle la croix de St Jean.

 

Fief des Proux

Il appartint à la famille la Perrière qui possédait également St Franchy et Billy. Cette famille fit alliance à plusieurs reprises avec la famille de Girard, seigneur de Chévenon, Passy, ,Chérault et Bona en partie dès le XVè siècle.

En 1532, Gilbert de la Perrière, seigneur de Billy, fut chargé d'éliminer les bandes de lansquinets qui rapinaient dans les Amognes: "Les habitants étaient sujets au guet et garde toutesfois et quantes ils seront nommés et requis par le seigneur de Billy". (Histoire de St Benin d'Azy, Drouillet)

La famille noble qui possédait le domaine de Proux à la Révolution dut émigrer. Le domaine fut alors vendu en bien national. (Archives Départementales de la Nièvre, série Q biens nationaux)

 

La Bretonnière

En 1430, ce fief relevait de la seigneurie des Bordes comme ses voisins Huez et Lichy. En 1474, ce fief seigneurial est donné aux moines de St Etienne de Nevers qui possédaient déjà le fief ecclésiastique de Bona. Puis il fit partie des domaines relevant de Charry avec le fief de Huez. En 1750, on peut citer Antoine-Bernard Commeau, également seigneur de Charry.

Ste Catherine-Bois Château

Des terres appartenant à l'émigré Corvol/Charry ont été vendues en bien national à M. Bourgier le jeune puis revendues à "folle enchère" à Guyon le jeune.

 

Charry

villa Chasiacum en 1248, Charrioco en 1303, Charri en 1326, Carroble en 1601.

En 1793, ont été vendus en bien national, la Ste Catherine-Bois Château et la terre de Charry cédées au seigneur de Corvol qui avait émigré. Rappelons que les fiefs de Huez, la Bretonnière, Précy et Giverdy relevaient de la seigneurie de Charry. Ce fief a donné son nom à une des plus anciennes familles nobles du Nivernais. L'imposante demeure de Charry rappelle son passé historique.  Seigneurie de CharrySeigneurie de Charry (73.73 Ko)

 

Charry 3

 

Percy ou Précy

En 1428, un bail à bordelage fut consenti par Adrien de Charry, seigneur de Précy à Philibert Thomas, paroissien de St Benin d'Azy, pour une maison sise à Précy, commune de Huez, avec jardin et chenevière sans charge annuelle de 20 sous, deux poules et deux corvées à bras.

 

Huez

Vodium ou Vadio en 1287, Vueez en 1489, Vuees en 1526, Vuerz en 1555, Vuez en 1653, Huez en 1669, Vuée en 1699, Huuez en 1771.

Déjà en 1303 la famille de Charry se transmettait une motte près de l'église de Vuée. En 1828 le comte de St Phalle époux d'une des héritières rachète la propriété de Huez voir bas de page, et entreprend en 1830 la reconstruction de la maison qui est toujours propriété de la famille. "De l'ancienne maison démolie vers 1830, il ne reste que très peu de vestiges: une meurtrière, des pierres portant des marques de tâcherons".  Fief de HuezFief de Huez (72.35 Ko)

 

Château Huez

BONA: les limites de la commune

Bona limites

Bona, le bourg

Après avoir connu son apogée en 1866 avec 1168 habitants, la commune de Bona a subi, comme beaucoup d'autres,  l'exode rural qui a provoqué une baisse continue de la population jusqu'aux années 1990. Le nombre d'habitants tend à se stabiliser depuis et nous sommes aujourd'hui 322 (recensement de 2011).

C'est sur les traces de cette population en partie disparue que nous nous lançons, d'abord dans le bourg, puis dans les nombreux hameaux qui constituent cette commune à l'habitat très dispersé.

Le bourg

 

Commençons cette visite par la place de l'église où se trouve toujours l'ancienne cure, presbytère d'origine construit en 1770, réparé en 1787, vendu en bien national à la Révolution.

Cure de Bona

A droite de l'église, au fond de l'impasse , demeurait Etienne Pannetrat, sabotier, qui exerça jusqu'en 1968.

 

Maison du sabotier

Au coin de la place, sur la gauche, se trouve l'ancienne forge dont l'atelier est encore bien visible; le dernier maréchal-ferrant du village, Lucien Lyon y exerça jusqu'à sa mort, en 1986.  En face, l'ancienne maison Charbonnel était une boutique où l'on vendait de tout, spécialisée dans la confection, puis l'épicerie. Le commerçant parcourait les routes nivernaises et même parfois arrachait les dents des clients ou perçait les oreilles des fillettes. La boutiqure ferma en 1980.

Sur la route de St Benin d'Azy, se trouvait un café, tenu par la famille Lanseaume, de 1935 à 1979. Pierre y distillait l'eau de vie de prunes. La propriétaire y vendait aussi de la mercerie, de l'épicerie et quelques bibelots; elle tenait aussi le bureau de tabac. La maison a été rénovée récemment.


Café Lanseaume

En partant à l'opposé, vers St Benin des bois, nous passons devant le monument aux morts: terminé en 1924, financé par une souscription, il rend hommage aux victimes de la Première guerre mondiale, puis à celles de la Seconde; il a été modifié récemment, en 2004.

Depuis 2002, une énorme pierre de calcaire creusée lui tient compagnie; c'est la "Maie aux loups" qui se trouvait sur le parcours d'une source dans les bois de Lichy. Son origine est encore inconnue.

 

 

Monument aux morts

                                                                                                                                               

 Maie aux loups

 

En continuant notre chemin attardons-nous à la boulangerie, qui est toujours en activité. En effet, après des années prospères, entre 1860 et 1975, elle connut une période de hauts et de bas, jusqu'à ce que  la commune rachète le fonds et y place des gérants. C'est le dernier commerce du village avec l'Hôtel Restaurant de la Réunion situé un peu plus loin au carrefour.

BoulangerieA l'origine, l'établissement était composé au rez-de-chaussée, d'une vaste salle de café où l'on servait les repas et d'une boucherie et à l'étage de quelques chambres d'hôtel. Depuis 1933, l'emplacement est une des stations de la ligne d'autobus reliant Nevers à Corbigny; la famille Perraudin, propriétaire actuelle s'y installa en 1945.

H tel restaurantEn face, sur la route de Nevers, se trouvait un garage. La maison, construite en 1890, proposait de nombreux services: quelques chambres à l'étage, une auberge, une épicerie-mercerie, un bureau de tabac et des journaux (Maison Trameçon). A la fin des années 1920, l'établissement fut repris par un  marchand de vin puis fut tranformé en garage en 1932. En 1946, M. Commaille reprit le garage, y installa l'enseigne "Citroën" et la conserva jusqu'à l'installation de l'atelier de mécanique tenu par son fils un peu plus haut sur la route de Nevers.

 

Garage

Revenons sur nos pas en direction de St Benin des bois, et avant d'atteindre la mairie et l'école, arrêtons-nous quelques instants (pas trop longtemps!) au cimetière. Devenu trop exigu, le cimetière jouxtant l'église avait été remplacé après la Révolution par l'actuel. En 1843, le Conseil municipal autorise le comte de St Phalle à y aménager, à ses frais, un petit cimetière réservé à sa famille. Depuis 1853, l'agrandissement du cimetière a été à l'ordre du jour de nombreux conseils, mais surtout en 1920, pour permettre le rapatriement des victimes de la Grande Guerre. Un corbillard a été acheté en 1930. La tombe du Commonwealth recueille les dépouilles de deux soldats australiens qui ont été abattus en forêt d'Agland. Les corps ont été ramenés par le curé, M. Pasquelin.

Tombe soldats australiens

Lichy, Huez ...

Lichy

Le hameau a toujours été le plus important des hameaux de la commune réunifiée.

L'ancienne église: la maison curiale (avec un puits privé dans la cour), l'église et le cimetière ont fait l'objet d'une estimation en 1790 à l'époque de la vente à des particuliers des biens nationaux. L'église de Lichy était sous le vocable de St Georges; elle a été vendue en 1815 à Jean Bourdiaux, propriétaire à Lichy. Il ne reste que quelques pierres dans la grange au porche nivernais.

Lichy 2

 

 

Reste pierre église détail

La rue qui rejoint la route du haut et l'ancienne voie du bas "rue Noël" passe sur l'ancien cimetière.

Le château voir Lichy: l'une des deux filles, dernières descendantes de la famille de Lichy, était mariée au baron de Mortemer. Elle eut deux fils et deux filles. Un des fils, le comte de Brie, a gardé le château mais en rachetant leurs parts aux autres héritiers. Puis il a revendu en 1986 le château et le domaine à M. et Mme de Luppé qui ont conservé la propriété durant 12 ans, jusqu'en 1998 quand ils l'ont revendue à M. Vincent.

En 1923, vivaient auprès de la comtesse de Lichy un jardinier Pierre "Poirier" du château" et une domestique Nelly. Les domestiques du château ne fréquentaient pas le lavoir.

Lichy chateau3

Jusqu'en 1953, on allait au lavoir près du château pour faire la lessive. C'était bien dur, surtout en hiver! car comme il n'y avait pas le tout-à-l'égoût, les eaux sales ruisselaient et ça pouvait verglacer. Le lavoir a été restauré en 1989 par l'association "vieilles pierres, jeunes pioches", aidée par la Camosine.

 

La forêt, délimitée en 1841, a permis l'implantation de différents métiers liés au bois: couvreur en esseaume (tuiles en bois), charbonnier, sabotier, fendeur de bois, garde-forestier ... Elle est exploitée par périodes de 30 ans. C'est aussi à Lichy que prend sa source l'Ixeure.

Huez

Quelques objets antiques ont été trouvés à Huez: des tuiles à rebord et des débris gallo-romains. Il y aurait eu à cet endroit, une station militaire romaine, près du gué qui lui donna son nom.

En 1893, on signalait la présence d'une fabrique de tuiles au lieu-dit "la Tuilerie"; elle était encore en exploitation en 1950.

Le moulin existe toujours mais il a cessé son activité en 1922. Une forge au bord de la rivière était déjà signalée en 1650 dans les environs de Huez.  

 

Ancien moulin laporte

 

La maison curiale de "Vuée" et ses dépendances ont été vendues en bien national à Antoine Geoffroy fermier à Marancy en juin 1796 (28 prairial an IV). Des terres dépendant de la cure furent vendues à Jean Thépenier en 1803 (22 prairial an XI).

L'ancienne église de Huez, dédiée à St Martin, fut brûlée pendant les guerres de religion. Il ne reste visible qu'un fragment d'arcature du portail du XIIè siècle dans le mur du bâtiment devenu grange (explications données par M. Perrot). Des décors et une statue équestre de St Martin, patron de Huez, sont enfouies dans les fondations d'un bas-côté de l'ancienne église de Bona. Le choeur a été placé dans la chapelle de la Ste Vierge de l'église de Bona(sic 1900, Msgr Billebault de l'église de Bona, sic 1838/1840 Morellet-Barat).

 

L'église et le cimetière furent aussi vendus en bien national à Antoine Geoffroy et à François Perrot, charpentier à Huez en 1832, suite à une délibération du Conseil municipal de 1929.

Au cours de travaux en 1950, afin d'installer l'eau courante, on découvrit de nombreux ossements et sarcophages.

Dans le parc du château, près du bois de Montat, se trouve un étang et au bord une fontaine miraculeuse vénérée du temps des Celtes.

Ch teau de huez1

 

L'annexe du château de Huez était exploitée par des fermiers, puis par M. Laporte qui en est devenu propriétaire en 1950. A noter les avant-porches des granges, typiques du bas nivernais des Amognes du début du XVIIIè siècle.

 

 

... Agland, Marancy, la Bretonnière, Charry ...

Agland

Agland appartenait à la famille du Verne avec Giverdy et Marancy. Le château est un petit manoir du XVè siècle dont la porte à accolade est surmontée d'un écusson à croix ancrée, armes de la famille de Charry qui a bâti ce château. Le hameau est occupé par des fermes, autrefois propriétés de Tardy, où l'on faisait surtout de l'élevage; maintenant on y cultive surtout du colza, du maïs, du tournesol et du fourrage pour l'élevage du Charolais.

Le lavoir, qui pour des raisons inconnues, ne fut pas construit  à la date prévue (1841), date de 1910, le puits communal de 1843. Le château d'eau est alimenté par la source captée de l'Ixeure.

Le bois communal de Montat était exploité sur 30 ans depuis 1961, ce qui augmentait le rendement en rondin de chauffage. En 1981, la forêt passe en futaie régulière pour le bois d'oeuvre feuillu chêne et hêtre, selon 24 coupes pour 30 ans.

Abreuvoir Agland

 

Domaine de Proux: il appartint à la famille La Perrière; la famille noble qui le possédait dut émigrer à la Révolution et le domaine fut alors vendu en bien national.

Les Proux et Marancy

Notons encore le monument funéraire dédié au médecin tué pendant la seconde guerre mondiale. 

 

Marancy

Le domaine, propriété du marquis de Faverges jusqu'en 1997, a longtemps été mis sous fermage. Le "grand chemin de Marancy à Bona", ancienne route de St Saulge: il débouche en contrebas du choeur de l'église de Bona, côté nord, après le petit pont sur l'Ixeure.

Poincy: ferme depuis longtemps exploitée, l'élevage en étant l'activité principale, ainsi que le commerce des bestiaux.

Vue sur Poincy

La Bretonnière

La section forestière est toujours traitée en taillis sous futaie. L'agriculture est toujours l'activité principale du hameau.

La croix de la Bretonnière a été rénovée dans du chêne fourni par M. Petitrenaud, originaire de Lichy.

Croix Bretonnière

Le puits et l'ancien lavoir sont signalés dans la page qui traite de l'eau à Bona, ainsi que l'étang communal, mis en service en 1994.

 

La Bourdillerie

Ce hameau est constitué de quelques maisons et d'une ferme encore exploitée.

Les Quarts

Hameau avec quelques fermes; c'est à partir de là qu'un chemin mène à la colline de Ste Catherine.

 

 

Charry voir en haut

Charry 1Percy ou Précy: petit domaine qui dépendait de la seigneurie de Charry. Exploité en fermage par Tardivat le puisatier et bouilleur de cru.

 

 

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Date de dernière mise à jour : 16/08/2016

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