... à l'abbaye
Deuxième partie (chapitres 13 à 20) : Pourquoi les anciens propriétaires de l'abbaye portaient-ils le double patronyme Mutel-Lemoyne ?
II à l' abbaye (6.03 Mo)
A Sablonceaux, Charles Lemoyne passa ses dernières années à attendre de recevoir sa pension qui lui avait été confisquée pendant la Révolution. A sa mort, en 1810, son fils Antoine qui hérita du domaine abbatial, commença à vendre les pierres des bâtiments. Maire de la commune pendant la Restauration, il fréquentait les notables de la région, de préférence les royalistes. Resté célibataire et sans héritier, pour assurer sa succession, il adopta en 1830 Louis Mutel, un natif de Rochefort, juste avant le mariage de ce dernier. En fait, ce fils adoptif n'était autre que le fils de Jeanne Servant, la compagne de son père et donc le demi-frère de sa demi-soeur Jeanne Christine. Antoine s'éteignit en 1840 dans l'ancien logis abbatial.
Dès son mariage avec une fille de Saint Porchaire, Louis Mutel porta le double patronyme de Mutel-Lemoyne. Dès lors, il passa son temps à entretenir le domaine, à rencontrer ses nombreux cousins et plus tard, à gérer la municipalité, car il fut maire de la commune de Sablonceaux de 1848 jusqu'à son décès survenu en 1876.
Son fils, Louis Justin Mutel-Lemoyne né en 1846, marié avec une fille originaire de la Haute-Garonne, fut le père de trois enfants: Elise, Charles et Justin Mutel-Lemoyne. Il poursuivit l'oeuvre paternelle, exploita au mieux le domaine et même lui succéda comme maire de la commune de Sablonceaux, le restant jusqu'à sa propre mort qui eut lieu en 1900.
C'est alors que fut démantelé le domaine de l'abbaye de Sablonceaux. En 1901, il dut être partagé, car Elise préférait recevoir de l'argent provenant de la vente de parcelles. Le partage de 1906 fut rectifié en 1911. L'année suivante, Charles vendit à la commune la partie des bâtiments abbatiaux qu'il avait reçue. Son frère Justin vendit la sienne quelques mois plus tard à un particulier qui reconstitua l'ensemble de l'abbaye en 1925.
Désormais chacun mena sa vie à sa manière. Elise vécut avec sa famille dans la région, Charles brûla la chandelle par les deux bouts et Justin exploita tranquillement la ferme et les terres qu'il avait reçues en 1911.
